2010

Le KLAPPERSTEIN ou la pierre des mauvaises langues de Mulhouse, est actuellement exposé au Musée Historique de la Ville de Mulhouse, Place de la Réunion à Mulhouse.

Cette pierre des bavards "Klapperstein" est une tête en pierre, d'un poids de 12 kgs, servant pour le châtiment des petits délits de calomnie, du XVIème siècle à 1781.

Au Moyen Age un homme qui en injuriait un autre, payait une amende de quelques sous; si au contraire une femme " disoit vilonie à une autre", elle payait également l'amende; mais en outre, on suspendait à son cou par une chaine, une pierre, qu'elle était obligée de porter par la ville, précédée et suivie des gens de justice qui sonnaient de la trompe pour la narguer et bafouer.

Klapperstein_carte

Carte postale ancienne de 1929, montrant le Klapperstein accroché au-dessus d'une fenêtre de l'hôtel de ville, en face de la rue Guillaume Tell (encore visible actuellement), avec cette inscription en allemand:

Zum Klapperstein bin ich gennant,

Den bösen Mäulern wohl bekannt

Wer Lust zu Zank und Hader hat,

Der muss mich tragen durch die Stadt.

C'est-à-dire: Je suis nommée la pierre des bavards, bien connue des mauvaises langues; Quiconque prendra plaisir à la dispute et à la querelle, me portera par la ville.

cartes_Bourbach_006

Le KLAPPERSTEIN, comme de nombreux autres objets d'art provenant des musées de Mulhouse, ont été mis à l'abri, pendant la dernière guerre, par les autorités allemandes, dans cette maison, route de Bourbach-le-Bas à Bourbach-le-Haut (Détail d'une ancienne carte postale du début du XXème siècle).

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Françoise Kieffer, alors âgée de 8 ans, portant le Klapperstein, sauvé de justesse, le temps de la prise de vue.

En effet, Monsieur Louis Kieffer, à ce moment là à Bourbach-le-Haut, aperçoit, un matin, un char Shermann devant le bâtiment où étaient entreposées les caisses renfermant les objets d'art des musées mulhousiens. Ce char d'assaut arborait fièrement un trophée exceptionnel, il reconnait immmédiatement le Klapperstein! Avec le concours de l'adjudant-chef Chapa et son adjoint Zimboulis, il s'est rendu auprès du chef de bataillon Gambiez qui a  pris les dispositions nécessaires à la sauvegarde du patrimoine mulhousien.

Le récit a été fait par le fils de M. Louis Kieffer, Athur Kieffer alors âgé de 12 ans, pour lire le texte complet: Klapperstein_1

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Françoise Kieffer, portée par l'adjudant-chef Chapa. En habit traditionnel d'alsacienne, Françoise se souvient, qu'avec sa mère, elles sont allées de canon en canon, pour apporter aux militaires des gâteaux et du schnaps. "Ma maman m'avait appris à chanter "En passant par la Lorraine" que je chantais aux soldats. Le comble, je devais chanter en français alors que je ne le parlais pas ! "

Canon

Un de ces canons stationné à Bourbach-le-Haut.

2010

Les enfants de M. Louis Kieffer se retrouvent régulièrement dans leur maison à Bourbach-le-Haut.

Arthur , grâce à qui cette histoire a été révélée et écrite, que nous remercions pour son texte et ses photos. Françoise , la petite Alsacienne, qui a eut le plaisir de porter le Klapperstein. Le troisième frère, Jean  (de gauche à droite).