Histoires et traditions de BOURBACH-LE-HAUT (Haut-Rhin)

20 novembre 2020

LE JOURNAL D'UN SOLDAT DE LA DRÔLE DE GUERRE.

La drôle de guerre est la période du début de la seconde Guerre mondiale qui se situe entre la déclaration de guerre par le Royaume Uni et la France à l'Allemagne nazie le 3 septembre 1939 et l'offensive allemande du 10 mai 1940 sur le théâtre européen du conflit.

En trouvant un agenda de 1940, il est possible de reconstituer le parcours de ce soldat qui a participé à la drôle de guerre.

Il est né le 30 septembre 1908 à Bourbach-le-Haut donc de la classe 1928. Il est incorporé au 1er Régiment du Génie 8ème Bataillon à compter du 10 mai 1929, arrivé au corps le 15 mai 1929, sapeur de 2ème classe le dit jour, renvoyé dans ses foyers le 27 septembre 1930 - rayé des contrôles le 28 septembre 1930. Besançon le 27/09/1930.

27 14 08 1929 

14 Août 1929 - Soldat au repos.

20 Stage ECP Bourges 15 01 15 04 1930Stage artificier E.C.P. Bourges (1) du 15 janvier au 15 avril 1930 (Notre soldat, dernière rangée, 1er à droite)

Il est convoqué pour accomplir une période de 15 jours du 19/09 au 2/10/1937 - Renvoyé dans ses foyers le 2/10/1937 - Besançon le 2/10/1937. Il dira " J'ai été affecté à la surveillance de la piscine avec le titre de maître-nageur ", il n'a jamais su nager !

Rappelé en activité par décret du 1/09/1939 - Arrivé le 5 septembre 1939 - Affecté le dit jour au 47ème Bataillon 1ère Compagnie.

1

Avant de consulter son agenda, nous savons qu'il passe sa première nuit au Château d'Isenbourg à Rouffach et à partir du lendemain il est cantonné à Bergholtz. Il profite d'une première permission pour rejoindre son village de Bourbach-le-Haut pour se marier le 4 octobre 1939 en présence du maire Alphonse Speckler et de deux témoins, Materne Daegelen et Xavier Méthia. 

2Jour de l'An 1940, il est à Bergholtz occupé par la rédaction et la lecture de son courrier.

322 janvier 1940 - Il est toujours à Bergholtz et rentre de permission, le 24 janvier il est " Sergent de jour ".

3a7 février 1940 - Départ de Bergholtz pour Bollwiller, puis Mulhouse, Belfort, Lure, Epinal, Nancy et  arrivé à Morhange le 8/02. Parti en camionnette à Lesse le 9/02 jusqu'au 15/02, puis Lelling jusqu'au 17 mars. 

426 février 1940 à Lelling - Coulé la première casemate. Le 6 mars, couché à Petit Eberschwiller - 7 mars, reparti de Petit Eberschwiller pour Hombourg et ensuite Lelling pour pose de mines.

511 mars 1940 - Naissance du premier fils Jean-Claude.

18 mars 1940 - Parti de Lelling pour Altviller (Moselle)

21 mars 1940 - Parti de Altviller en permission pour baptème du fils en compagnie de son frère et beau-frère.

16 mai 1940 - Reparti d'Altviller pour Lelling, puis Biding le 22 mai, Suisse le 27 mai, Landroff le 29 mai. Le 30 mai, passé à Ivry le François, Paris et direction au Nord dans l'Oise.

31 mai 1940 - Billemont dans l'Oise jusqu'au 2 juin, Fescamps le 3 juin.

67 juin 1940 - Parti de Fescamps dans le bois et retraite vers Paris. 

9 juin 1940 - Pont Saint Maxence (traversé l'Oise) - Tiers (Seine et Oise) le 11 juin, Lepin le 12 juin

713 juin 1940 - Départ de Lepin pour Villecraine (?) - 14 juin, Villecraine, Passage de la Marne par le pont de Vert (Seine et Marne).

15 juin 1940 - Départ de Villecrain pour Melun, traversé la Seine, passage à Fontainebleau en autobus.

16 juin 1940 - Arrivé à Jargeau (Loiret) traversé la Loire ( il dira plus tard: " trop encombrant, j'ai jeté mon fusil dans la Loire "), puis Vienne en Val, cantonné dans les bois - le soir miné le pont de Jargeau.

8 (2)17 juin 1940 - Passé le jour dans la forêt de Vienne en Val, couché dans une maison de Vienne en Val - 18 juin, Saint Viatre (Loir et Cher) nuit dans une ferme.

19 juin 1940 - Départ de Saint Viatre, mitraillé en route vers 20 h, 1 mort et une dizaine de chevaux, passé le Cher.

21 juin 1940 - Buzençais, traversé l'Indre, Mézières, Tournon, Angles, Saint-Savais, Montmaurion (Vienne) - 22 juin, Plaisance (Haute-Vienne) - 23 juin, pris en route par des camionettes pour Mareuil - 24 juin, Brandonne, Périqueux, Bergerac - 25 juin, Bergerac, traversé la Dordogne, Cours de Pile (Dordogne) - 30 juin, promenade et baignade dans la Dordogne - 1er juillet, Le Bugue, Montignac, traversé la Vézère, Terrasson, Chabrignac (Corrèze) - 3 juillet, Aidé des gens à rentrer du foin à Désirée près Chabrignac -  7 juillet, Messe militaire pour les morts de la Cie 47/1 et 47/2.

25 L'église 

L'église de Chabrignac près de Juillac (Corrèze).

23 Chabrignac 7 7 40Les rescapés de la 3ème à Chabrignac (Corrèze), accroupi, 1er à d. notre sapeur.

24 Chabrignac 7 07 19402ème en partant de la droite, notre Soldat.

22 Corrèze 

Après cette longue marche, il faut repriser les chaussettes.

914 juillet 1940 - 2ème dimanche à Chabrignac, défilé et messe militaire. Plus tard, il dira aussi " C'est là, que j'ai retrouvé le commandant, qui a fuit en premier lors de notre retraite, en train de se faire décorer ! ".  

108 juillet 1940 - Après 5 semaines passées à Chabrignac, départ pour rejoindre le centre de démobilisation de Vars (Corrèze) - Le 9 juillet à Vars, il fait la connaissance de camarades de Masevaux: Wieser René, Demeusy Joseph, Koehl Alphonse, Baumgarth et Nussbaum Louis de Houppach.

113 septembre 1940 - Il est démobilisé à Vars (Corrèze) et prend le train à Saint Aulaire pour Limoges, Saint Sulpice le 4/09, le 8/09 Gueret, Montluçon, Gannat, La Palisse, Roanne (où est enterré son père mort le 25/12/1918), Saint Etienne, Lyon, Macon, Chalon sur Saône. Contrôle à Beaune puis Dijon, Gray, Vesoul, Lure, Belfort et Mulhouse. Arrivé à Bourbach-le-Haut le 9 septembre 1940.

12Le soldat de la " Drôle de guerre " est revenu dans son pays natal en Alsace redevenue allemande. Le lundi 16 septembre il reprend son travail aux Etablissements Isidore André à Masevaux... il faut maintenant parler et écrire en allemand !

14bC'est le livret militaire du soldat de 2ème classe ou précisément du Sergent Emile Lerch, mon père, que la guerre épargnera. Son beau-frère Eugène Fellmann également né en 1908 sera incorporé de force dans la Wehrmacht le 28 avril 1944 et connaîtra une fin tragique le 24 novembre 1944 à Maglod (Hongrie).

(1) - E.C.P. Ecole Centrale de Pyrotechnie. Cette école était chargée de l'étude de tous les problèmes relatifs à toutes les munitions. Le personnel perfectionnait les procédés d'emploi des explosifs d'amorçage, et ils en assuraient la fabrication. Parmi les travaux, l'E.C.P. s'efforçait d'assurer toujours davantage la sécurité des employés à ces manipulations et auxquels s'attachait la vieille légende du condamné à mort: c'est ainsi que l'on appelait l'ouvrier qui donnait la dernière main à la composition fulminante dans les amorces.

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20201121_163518Détail du cahier de stage de 113 pages. 

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16 novembre 2020

AUX BOURBACHOIS QUI N'ONT PAS CONNU NOTRE VILLAGE EN 1976...

En 1976, ou plus exactement au recensement de 1975, Bourbach-le-Haut comptait 187 habitants, avait deux tiers de maisons de moins qu'aujourd'hui dont plus qu'un tiers de résidence secondaires. 

Bourbach 1976 A l'ombre du SchirmIl est intéressant de relire ce que l'on pouvait écrire dans la presse à cette époque. Dans un article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le vendredi 13 août 1976, non signé, mais probablement de la plume de EA (Emile Arnold), l'on peut lire:

" Voici arrivé à nouveau la période où Bourbach-le-Haut appartient aux estivants et aux touristes auxquels les autochtones n'hésitent pas d'apporter spontanément leur service.

Q'on le veuille ou non, notre merveilleux village vosgien a su se frayer un chemin dans l'industrie du tourisme. Le véritable départ de cette activité touristique a été donné en décembre 1973, au moment où le premier magistrat de la commune M. François Nussbaum a été distingué " Maire de l'année". A l'époque cet événement a été largement commenté par la presse parlée et écrite. C'est en attirant l'attention sur elle, que les journalistes ont fait savoir à nos contemporains qu'il existait, loin de toute pollution, une coquette localité accueillante, blottie au milieu de la paix profonde de la montagne, un peu irréelle comme placée hors de notre temps, qui s'appelle Bourbach-le-Haut. Et depuis, chaque habitant de Bourbach-le-Haut a compris que le temps où les métiers de bûcherons, de charbonnier, ou encore de tisserand nourrissaient leur homme, était révolu et qu'il fallait se tourner résolument vers l'avenir qui ici réside dans le tourisme. C'est ce qui est en train de se réaliser progressivement. En effet, ne parle-t-on pas déjà de motel, hôtel, plan d'eau, parc naturel, téléphérique, etc... pour un avenir plus ou moins proche ?

Bourbach 1976 A l'ombre du SchirmaPhoto DN - Vue du village depuis le Pétrifels.

En ce qui vous concerne, nous vous invitons pour l'instant à une nouvelle promenade en montagne d'une durée d'environ 3 h aller et retour. Vous n'aurez qu'à suivre cette fois-ci, en quittant d'un pas alerte la place de l'Eglise, les rectangles rouges, blancs, rouges. Vous atteindrez sans peine le réservoir d'eau de la commune. De cet endroit la vue est imprenable, le Hundsruck et le Kohlberg en face, la plaine d'Alsace vers le sud et derrière elle, par temps clair, la chaîne imposante des Alpes suisses. Par la suite vous arriverez au "Bildbuche", un hêtre plus que centenaire, qui abrite un petit sanctuaire dédié à la Vierge Marie. Vous continuerez ensuite à suivre le sentier qui serpente à travers la forêt où vous pouvez trouver de belles chanterelles et, tout en flânant, vous arriverez au "Rocher du Corbeau" qui vous surprendra par sa taille impressionnante et, sans doute, vous demanderez-vous comment une croix de 3 m de haut a pu être érigée sur ce bloc de porphyre.

Les parois bien lisses à certains endroits atteignent une hauteur de 20 à 30 m mais peuvent néanmoins être gravies par des fervents de la varappe expérimentés. Situé en terrain dégagé, ce rocher serait un lieu rêvé pour une école d'escalade. Vue du village, la croix blanche ne laisse pas deviner l'aspect colossal de ce vestige volcanique ".

Bourbach à partir du réservoirVue du réservoir vers le Hundsrück.

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15 novembre 2020

LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE DE LA VALLÉE DE MASEVAUX PRÉPARE LE SENTIER DU MONTORI POUR 2021

Le château de Masevaux ! Les Masopolitains connaissent plutôt les ruines et le rocher du Ringelstein, à l'entrée de Masevaux. Et pourtant, un autre château, plus connu par sa légende, est situé sur la crête faisant office de frontière (1) entre la vallée de Masevaux et le Territoire de Belfort: Le Montori (2). 

La Société d'Histoire de la Vallée de Masevaux et la Ville de Masevaux-Niederbruck voulurent, en 2017, en savoir davantage sur les origines et les fonctions du château du Montori.

DSC03203Vue sur Masevaux depuis le Montori.

En juin 2017, en accord avec la DRAC, se déroula une première campagne de prospection par une équipe sous la direction de Malik Quadry, archéologue de formation. Elle permit de mettre en évidence les vestiges d'un site de hauteur fortifié, de dimension modeste, construit en moellons et pierres grossièrement équarries et constitué d'une tour carrée à laquelle est associée une petite enceinte.

En juillet 2018, une campagne de sondage a été réalisée. Deux secteurs ont été fouillés et ont permis la découverte de tessons de céramique, de restes d'os d'animaux et de charbons de bois. La datation au carbone 14 a révélé une occupation du site entre le IXe et le XIIe siècle.

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Deux hypothèses sont envisageables pour la fonction du site du Montori: poste d'observation et de surveillance, avec une très bonne vue sur l'entrée de la vallée de la Doller, ou " protochâteau " qui pouvait servir de résidence aux seigneurs de la région.

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Seules des fouilles ultérieures peuvent préciser le rôle exact de cette construction.

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Afin que le Montori ne sombre pas dans l'oubli, la Société d'Histoire de la Vallée de Masevaux, la Ville de Masevaux-Niederbruck, le Club Vosgien de Masevaux et avec l'appui financier de la Comcom de la vallée de la Doller et du Soulzbach, ont décidé la réalisation d'un sentier.

Ce sentier permettra de découvrir le site du Montori bien-entendu, mais également le Sudel et sera agrémenté de panneaux explicatifs.   

Montori'KutschaCe dessin illustre sur le premier panneau la légende du carrosse du Montori ou Montori-Kütscha (voir Patrimoine-Doller n° 3)- Dessin de Jon Bretzel, Graphiste-illustrateur et tatoueur (Bretzel Tattoo Club rue Berthe Molly à Colmar).

L'observatoire du Sudel

Le traité de Francfort signé le 10 mai 1871 après la guerre franco-prussienne donne l'Alsace à l'Allemagne. Le canton de Masevaux, qui faisait partie de l'arrondissement de Belfort, est amputé d'une de sa partie francophone et devient allemand. La frontière suit la crête, ligne de partage des eaux entre le bassin rhénan et la bassin saônois. L'éminence du Sudelkopf se prête à l'observation de la cité fortifiée de Belfort.

C'est ainsi que les autorités allemandes y installent en mai 1911 un observatoire de plus de 40 m de haut, à 25 m à peine de la frontière, à une altitude de 920 m. Cet observatoire n'est pas sans éveiller l'attention de l'état major français, qui y voit une menace pour la sécurité de ses troupes. Les habitants de Rougemont-le-Château l'appellent le mirador.

Par une pluvieuse nuit d'octobre 1913, les six piliers en bois de la tour de guet sont sciés à un mètre de hauteur et l'édifice s'abat en direction de la frontière. Le sabotage est l'oeuvre d'un groupe de bûcherons rougemontois menés par l'instituteur du village Joseph Canal. Les autorités françaises, craignant des représailles, parlent d'acte de malveillance...

En avril 1914, l'observatoire est déjà reconstruit par les soldats du génie de l'armée allemande. Il est érigé en sapins écorcés de 30 à 40 cm de diamètre, ne mesure plus que 30 m de haut et n'a plus la forme pyramidale de son prédécesseur déchu.

Cette deuxième tour de guet sera elle aussi abattue, dès le début de la première Guerre mondiale, le 6 août 1914, par les sapeurs du 171e régiment d'infanterie de Belfort.

observatoire du Sudel

L'observatoire du Sudel (Collection Daniel Willmé). 

Le sentier sera balisé avec le logo " Châteaux forts Alsace " par le Club Vosgien de Masevaux qui mettra également les panneaux d'informations en place.

logo balisage chateaux forts

 (1) Frontière franco-allemande de 1871.De longues tractations entre les négociateurs français et allemands, préliminaires du Traité de paix, ont lieu à partir de février jusqu’à la signature du Traité de Francfort le 10 mai 1871. Le tracé de la nouvelle frontière est âprement discuté entre l’Allemand Bismarck, surnommé le chancelier de fer, et les négociateurs français Jules Favre et Adolphe Thiers. Finalement la région belfortaine qui correspond à l’actuel département du Territoire de Belfort reste française. La frontière d’avec l’Alsace épouse la ligne de partage des eaux depuis le sommet du Ballon d’Alsace jusqu’à Lachapelle-sous-Rougemont. Reste à matérialiser la démarcation…

L’abornement est réalisé dès 1873 et dure plusieurs années. De Hussigny à la frontière luxembourgeoise (borne n°1), jusqu’à Réchésy, à la frontière suisse (borne n°4056, encore visible aujourd’hui), 4056 bornes numérotées sont mises en place, complétées par des bornes intermédiaires non numérotées. Pour faciliter le passage des arpenteurs, les gardes forestiers dégagent tout le long de la frontière un espace d’un mètre de large. Un accord signé en 1877 précise que les frais d’abornement sont partagés à part égale entre les deux pays. Leur entretien est assuré par l’Allemagne de la borne 1 à la 2008, par la France pour toutes les autres.

Chaque borne comprend une partie visible normalisée, sur laquelle est gravée la lettre « F » du côté français, la lettre « D » (Deutschland) du côté allemand. Le numéro apparaît sur le côté nord de la borne, qui est la plupart du temps sciée dans le grès des Vosges, même s’il en existe en granite, très solides, ou encore en calcaire, par exemple en Moselle, ces dernières résistant bien moins aux outrages du temps. Les bornes intermédiaires se reconnaissent à la dimension plus petite de la partie hors-sol : section de 25 cm x 25 cm au lieu de 25 cm x 30 cm, hauteur de 52 cm au lieu de 60 cm.

Après la Première Guerre mondiale, beaucoup de bornes ont vu leur « D » disparaître à coups de marteau ou de burin, rares sont encore celles qui sont intactes. 

Entre 1871 et 1914, la frontière était surveillée jour et nuit des deux côtés par des douaniers qui avaient fort à faire, car la contrebande était vive et les incidents fréquents entre douaniers et contrebandiers. Les Alsaciens n’hésitaient pas à franchir la frontière pour s’approvisionner en bétail, vin rouge ou encore en allumettes, produits meilleur marché en France.

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(2) Le toponyme de Montori tranche avec ceux des autres lieux-dits voisins à consonnance plus germanique. Si certains historiens locaux comme Auguste Gendre y ont vu la trace du dieu germanique Thor, il apparaît plus probable que Montori dérive de Mont d'Ory ou Mont d'Ulric, prénom de trois comtes de Ferrette qui étaient les avoués (=protecteurs) de l'abbaye de dames nobles de Masevaux. Orri était d'ailleurs le prénom du fils du seigneur Jean de Rougemont, lui-même fils du comte de Ferrette Ulrich II. 

Les textes sur le Montori, le Sudel et la frontière franco-allemande sont de Jean-Marie Ehret, président de la Société d'Histoire de la Vallée de Masevaux. 

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29 octobre 2020

ANNIVERSAIRES DU MOIS DE NOVEMBRE 2020 À BOURBACH-LE-HAUT

Anniversaires du mois de novembre 2020

Alain FRANTZ 82 ans le 6 novembre

Rosalie WELKER 89 ans le 8 novembre

Danièle SAILLARD 81 ans le 11 novembre

Alice WIESER 80 ans le 18 novembre

Anne-Lise PETRONE 78 ans le 20 novembre

Fleurs novembre 2020

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28 octobre 2020

PATRIMOINE-DOLLER N° 30 EN VENTE À PARTIR DU 21 NOVEMBRE 2020

La Société d'Histoire de la Vallée de Masevaux créée en 1990 fête en cette année 2020 son trentième anniversaire et met en vente à partir du 21 novembre son 30ème bulletin PATRIMOINE-DOLLER.  

PD 1Le Patrimoine-Doller n°30, outre l'éditorial du président Jean-Marie Ehret, comprend 12 articles peaufinés par les auteurs-membres de la Société d'Histoire.

PD 3Un bureu de vente est ouvert le samedi 21 novembre 2020 de 15h à 17h et le dimanche 22 novembre de 10h à 12h et de 14h à 18h à la Maison du Patrimoine (ancien Bain Municipal) 2, rue du Moulin à Masevaux-Niederbruck. Bien entendu, la Société d'Histoire est contrainte aux mesures sanitaires et vous avertira s'il devait y avoir un changement.

PD 4Le Patrimoine-Doller est disponible à partir du 21 novembre 2020 dans les points habituels de vente, voir ci-dessus. Il peut être réservé auprès de la trésorière Martine Bissler ou chez les personnes nommées sur le bon de commande.

PD 2Réservation à Bourbach-le-Haut: Serge LERCH Téléphone 03 89 38 82 38

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27 octobre 2020

TRAVAUX À ET AUTOUR DE BOURBACH-LE-HAUT

Routes barrées, circulation alternée... des engins, camions... pour des travaux à et autour de Bourbach-le-Haut.

Enrochement des berges du Bourbach au niveau du pont entre Bourbach-le-Haut et Bourbach-le-Bas.

20201023_101907Après un affaissement du bas-côté, suite à l'érosion du Bourbach, il s'est avéré urgent de consolider les berges.

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Défrichage sur les pentes du pâturage entre le Lager et le Col du Hundsrück: 

DSC02772L'engin de défrichage.

DSC02773Le résultat, après défrichage.

DSC02775Engin adapté aux pentes raides.

DSC02776L'herbe reprendra rapidement le dessus.

Macadamisation d'une partie de la rue Saint Michel et création d'un embryon de nouvelle rue:

 

DSC02807Réfection de la chaussée au bout de la rue Saint Michel.

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DSC02808Création d'une nouvelle rue (sans issue pour le moment).

DSC02813Reste à baptiser cette nouvelle rue avec un "nom" qui fait référence au lieu.

Et pendant ce temps là, les travaux continuent activement à la Framboiseraie:

DSC02806Les nouveaux propriétaires font le maximum pour recevoir leurs clients (prochainement nous l'espérons) dans les meilleures conditions !

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09 octobre 2020

ESCHBACH AU VAL - RIED

Parcours: Eschbach au Val (426 m) Erschlitt - Ober Solberg (785 m) Ober Erschlitt (810 m) Côte 904 - Ried (896 m) Schreiplan (821 m) Eschbach au Val.

DSC02646La mairie d'Eschbach au Val avec son clocheton à défaut d'église et de clocher (9h10). Eschbach au Val est une commune de la vallée de Munster, d'environ 360 habitants, blottie dans un vallon latéral de la Fecht. 

DSC02644Le lavoir.

DSC02648Le Dorfhüs.

DSC02649Belle décoration.

DSC02650Montée en zig-zag dans la forêt en empruntant le sentier Emile Hertzog.

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DSC02654La pause.

DSC02655Avec les dernières pluies revoilà les champignons. Pas forcément les meilleurs, mais les plus beaux !

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DSC02657Auberge de l'Ober Solberg.

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DSC02664Ober Solberg - La centrale électrique du Leymel - Une installation d'avant-garde, construite par la maison Locher de Zurich en 1921, qui associe une usine hydroélectrique à basse pression et une usine d'accumulation. Cette dernière à pour fonction de pomper l'eau durant la nuit et de l'acheminer vers un bassin d'accumulation situé au Solberg à 787 mètres d'altitude, relié à l'usine du Leymel par une conduite forcée d'une longueur de 1474 m et d'un diamètre de 450 mm.

La conduite forcée endommagée n'a plus été remise en état par la Manufacture Hartmann, mais la centrale qui dispose de ses installations d'origine, alimentée par les eaux du canal de dérivation de la Fecht, est toujours en fonction. Récemment elle fut acquise par une entreprise suisse qui en assure l'exploitation.

20201009_104909Vue sur la vallée de Munster.

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DSC02673Ober Erschlitt.

DSC02674Quelques vendeurs de crédits " Cetel... " incompétents affalés pour la biodiversité !

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DSC02677Côte 904.

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DSC02679Du choix dans le massif du Petit Ballon.

DSC02680Le Ried.

DSC02681Auberge et ferme du Ried.

DSC02683Anciens vestiges du téléphérique allemand du Petit Ballon (1914-1918).

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DSC02687Schreiplan.

DSC02691Les chênes changent de couleur.

DSC02695Munster.

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DSC02698Des vosgiennes en peinture.

DSC02700Une vraie.

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Le Totem d'Eschbach au Val. 

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Les explications...

DSC02706Retour à Eschbach au Val, 15h30.

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04 octobre 2020

SAINT-MICHEL, SAINT PATRON DE LA PAROISSE DE BOURBACH-LE-HAUT

Le 29 septembre, c'est la fête de la Saint-Michel qui est le patron de la paroisse de Bourbach-le-Haut. En France, plus de 200 lieux de culte ont Saint-Michel comme patron. La statue de Saint-Michel culmine au Mont-Saint-Michel comme sur la basilique Notre Dame de Fourvière à Lyon.

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Ce dimanche 4 octobre 2020, avec les mesures sanitaires de rigueur, l'abbé Frédéric Flota a présidé la messe dans l'église particulièrement bien fleurie par Elisabeth.

DSC02608L'église de Bourbach-le-Haut avec la fresque de Saint-Michel (oeuvre de Robert Gall 1956)

Eglise 1955Eglise de Bourbach-le-Haut en 1955.

Eglise 1942Eglise de Bourbach-le-Haut en 1942.

DSC02612bElisabeth Bertoncini, présidente du Conseil de fabrique, remercie l'abbé Flota, la commune et tous les bénévoles qui interviennent tout au long de l'année pour l'ouverture, l'entretien et l'embellissement de notre petite église.

DSC02600Elisabeth a mis à l'honneur Mademoiselle Suzanne Bubendorff. Grâce à sa générosité l'orgue de l'église a pu être restaurée.

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Bel arrangement floral mettant en valeur le tableau avec la photo de Suzanne Bubendorff et ses dernières volontés. 

Un fait qui s'est déroulé le 29 septembre 1946:

Avant la dernière guerre, à Bourbach-le-Haut, il y avait 2 classes distinctes à l'école du village: celle des garçons dirigée par un instituteur et celle des filles dont l'enseignement était assuré par une religieuse.

Le curé, Joseph Muess (curé de Bourbach-le-Haut de 1938 à 1947), en faisant le recensement des habitants du village, écrit:

" Schwester Philippa (Sœur Philippa) de son vrai nom Sophie Kuntz née le 30 septembre 1879 fille de Philippe Kuntz et de Anne Marie Groell de Muespach.

Partie subitement le 29 IX 1946 à l'occasion de la fête patronale St-Michel. Le poste est supprimé pour toujours, chassée d'une façon sournoise ".  

Pendant la guerre, succédant à un instructeur allemand, c'est André Pelz qui enseigne à Bourbach-le-Haut du 29 janvier 1940 au 2 février 1945, jour de la Libération de Colmar où il débutera une nouvelle carrière dans l'administration académique.

Dans ses mémoires " Au fil des saisons...", achevé le jour de ses 86 ans, le 23 février 2005 à Wahlbach et recueillis et transcrits par sa fille Françoise Herrgott, André Peltz dit:

" Un dimanche de janvier 1940, au retour de la messe à la chapelle de l'Hôpital Pasteur, je trouve un télégramme à mon domicile - prière de rejoindre votre poste à Bourbach-le-Haut... - Je vais donc faire mes adieux à l'Hôpital Pasteur où j'étais employé. C'était un médecin, le docteur Schwartz, qui assurait son service et qui m'a encouragé: " Vous faites bien ". Je vais donc vider et ranger définitivement mon bureau, sur lequel je dépose mon masque à gaz. Il me restait donc tout juste le dimanche après-midi pour trouver sur une carte où pouvait bien se situer cette commune inconnue Bourbach-le-Haut et préparer mes affaires.

Le lundi matin, 29 janvier 1940, ... à Masevaux, je suis allé demander au bistrot du Maire comment faire pour me rendre à Bourbach-le-Haut. La seule solution semblait être un taxi. Le premier chauffeur de taxi sollicité refuse " il y a trop de neige ", le deuxième, un sabotier, répond " Non, je n'ai plus de tickets d'essence ". Il est donc convenu que je laisse mes bagages chez M. le maire et que je monte à pied les 5 kilomètres vers Bourbach. Dans la côte après Houppach, une voiture s'arrête à ma hauteur, la vitre s'abaisse et on me propose d'y prendre place. C'est Monsieur le Curé de Bourbach. Il m'hébergera même au presbytère pendant une semaine. J'occuperai ensuite une chambre sans chauffage au-dessus du logement de la famille de mon prédécesseur décédé, Monsieur Wieser. J'ai fait classe dès le lendemain matin, 30 janvier 1940...

... L'école comprenait deux classes: une classe de 36 garçons qui avait été tenue par mon prédécesseur...Sœur Philippa dirigeait l'autre cours unique de 36 filles. Sœur Philippa portait une cornette amidonnée, et à l’occasion d'une démonstration obligatoire du maniement du masque à gaz, j'ai eu l'honneur de voir ses cheveux. Du temps allemand, dès l'automne 1940, sœur Philippa n'aura plus le droit d’enseigner et les 72 élèves seront répartis ainsi sous ma responsabilité: classe le matin pour les grands garçons et les grandes filles et l'après-midi pour les petits garçons et les petites filles ". 

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02 octobre 2020

L'OCCUPATION DES CHAUMES DU ROSSBERG. DEPUIS QUAND ?

Par un volumineux mémoire, Jean-Baptiste Ortlieb, un enfant du Pays de Thann, s'intéresse à la chaume du Rossberg. Son mémoire de juin 2015: " Anthropisation et occupation des hautes chaumes vosgiennes à travers le temps, étude du Massif du Rossberg " nous éclaire sur la formation et l'occupation du Rossberg.

Doctorant, dans le cadre d'une thèse en histoire environnementale, Jean-Baptiste Ortlieb, après une première phase de sondage, revient sur le chantier pour l'étude des vestiges d'une ancienne marcairie à la Waldmatt.

Cette opération menée en partenariat avec la DRAC, l'établissement Archéologie Alsace et l'Université de Strasbourg, est sous la responsabilité de Lucie Wissenberg.

2La ferme " Mittlerer Rossberg " détruite en 1910. Elle avait été reconstruite en 1835 sur les fondations de l'ancienne mais l'on ignore son ancienneté.

DSC02053L'emplacement de la ferme "Mittlerer Rossberg" est encore visible sur le flanc du Thannerhubel côté Waldmatt. La ferme a servi de carrière pour la construction de la ferme de la Waldmatt en 1911.

1Ferme de la Waldmatt construite en 1911 et détruite par un incendie en 1929. Durant la guerre 1914-1918, une baraque est accolée à la ferme pour servir d'infirmerie à l'armée française. Elle sera occupée par le Ski Club Rossberg de Thann en 1920.

DSC02054La ferme Waldmatt-Rossberg se trouvait devant l'actuel refuge du Ski-Club Rossberg Thann.

3L' "Oberer Rossberg", nouvelle marcairie abbatiale datant de 1779 et détruite pendant la guerre 1914-1918. Le Ski-Club Rossberg Thann l'occupait en 1912.

DSC02057Les ruines de l'Oberer Rossberg sont encore bien visibles sur le flanc du Rossberg ( à l'endroit où se trouvent les arbres au-dessus du troupeau de vaches).

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Carte postale qui montre l'emplacement (le grand toit) de l'Oberer Rossberg et de la ferme Waldmatt-Rossberg (à droite). A gauche l' Unterer Rossberg qui existe encore de nos jours.

DSC02231Refuge du Ski-Club Rossberg Thann et le sommet du Rossberg à gauche.

DSC02230Emplacement des fouilles.

DSC02192Belle vue vers Bourbach-le-Haut.

DSC02208A cet endroit se trouvait la marcairie abbatiale qui a remplacé en 1756 une première marcairie du XVe ou antérieure.

DSC02246Ce plan indique l'implantation des anciennes marcairies, celle faisant l'objet des fouilles archéologiques est au bas, à gauche. Elle est la plus ancienne. Les fouilles permettront, nous l'espérons, de la dater.

DSC02193Le chantier des fouilles archéologiques.

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DSC02198Un travail minutieux.

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DSC02244Le président de la Société d'Histoire de la Vallée de Masevaux, Jean-Marie Ehret, n'a pas hésité pour monter au Rossberg et visiter le chantier.

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DSC02258Les explications détaillées des fouilles par Jean-Baptiste Ortlieb.

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DSC02332Les mottes et la terre sont stockées séparément afin de reconstituer le paysage à la fin du chantier.

DSC02334De la poterie, toutes les découvertes, récentes ou anciennes, sont répertoriées et serviront pour la datation.

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DSC02342Dans ce mur, entièrement dégagé, l'on distingue des trous: probablement l'emplacement de pieux ou de poutres en bois.

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DSC02346Des ossements d'origine animale ont été mis à jour dans une fosse, datent-ils de l'époque de la marcairie ou enterrés plus tard ?

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DSC02364Il ne reste plus qu'à combler le chantier et rendre à cette chaume son aspect initial. Quant'aux prélèvements ils seront analysés et nous attendons avec impatience les résultats.

DSC02338Rappelons qu'il est strictement interdit de faire des fouilles sans autorisation.

IMG_2102Les fouilles sont terminées.

IMG_2103Le terrain est remis en état.

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IMG_2101La terre a bien été mise à sa place, reste encore les mottes engazonnées qui rendront à la nature ses droits.

Je remercie Lucie Wissenberg et Jean-Baptiste Ortlieb pour leur amabilité, leurs explications et pour les photos de cette passionnante aventure qui fera encore avancer l'histoire de notre beau massif. 

Posté par sergeblh à 22:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 octobre 2020

BOURBACH-LE-HAUT, VU DU CIEL, EN 1964

Photo aérienne du centre du village vers le vallon de Bourbach-le-Bas, au fond Niederwill.

Vue aérienne 1964b

Photo R. Mattauer

Posté par sergeblh à 11:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]