CECILE KUSTER UNE CENTENAIRE ORIGINAIRE DE BOURBACH-LE-HAUT
Cécile KUSTER religieuse, Soeur Anne Françoise de son nom de religion, a fêté ses 100 ans dans sa Maison de retraite Notre Dame des Apôtres à Colmar.

Soeur Cécile a trinqué avec tous ses invités qui lui ont fait la fête.

Les amies de longues dates qui viennent lui rendre visite.

Le maire de Colmar Gilbert Meyer s'est personnellement déplacé pour l'occasion.

Tous ces invités "d'honneur" rappellent à Soeur Cécile son village natal de Bourbach-le-Haut.

Les résidents de la Maison de retraite participent activement à cette fête...

... sous le regard attentif du personnel de l'établissement.

Soeur Cécile est la première centenaire (connue) originaire de Bourbach-le-Haut.

Cette maison est le n°13 de la rue Saint-Michel à Bourbach-le-Haut, anciennement n°41 rue du Village (Dorfstrasse). C'est la maison natale de Soeur Cécile.
Soeur Cécile a vécu dans cette maison avec ses parents Xavier Kuster (1876) son père, Emilie Kuster née André (1878) sa mère et ses 5 frères et soeurs: Maria Anna (1903), Irma (1904), Joséphine Madeleine (1907), Charles Philibert (1909) et Joseph Lucien (1920).

De gauche à droite, Soeur Cécile, Rosala épouse de son frère Philibert, Xavier le père de Cécile avec son petit-fils et Irma.

Irma Kuster, Soeur Régina.
Irma Kuster est née à Bourbach-le-Haut le 18 avril 1904. Elle part du village à 21 ans. Son noviciat et son postulat se passent à Lyon et Soeur Régina sera son nom de religion. Elle part en Irlande pour apprendre l'anglais. Après un séjour au sanatorium de Thannenkirch elle se rendra en Haute Egypte où elle passera sa vie en enseignant l'anglais, elle créée des fondations, soigne les malades (elle a appris dans les dispensaires)...
Irma décède à Pommiers (Rhône) le 21 octobre 1986.
Soeur Cécile dit " Elle aimait les pauvres ".

Cécile Kuster, soeur Anne Françoise, en Egypte.
Ottilia Cecilia KUSTER est née le 30 septembre 1913 à Bourbach-le-Haut.
Elle fréquente l'école primaire du village, l'école de jeunes filles, jusqu'à 14 ans avec comme institutrice Sœur Thérésina.
Sortie de l'école, elle effectue du " service familial " à Masevaux (dans la famille Gendre), à Giromagny et à Cernay.
A 17 ans 1/2 elle entre au couvent. Le postulat, période précédent le noviciat, se passe à Moosch pendant 6 mois. Ensuite elle se rend à Lyon/Vénissieux pour 2 ans chez les Soeurs Missionnaires Notre Dame des Apôtres et fait sa profession de foi le 8 septembre 1933. A partir de ce moment là elle prend le nom de religion de Sœur Anne Françoise.
Elle revient dans sa famille à Bourbach-le-Haut pour 10 jours, et...
C'est l'embarquement pour l'Egypte.
Sa destination est Mahalla El Cobra (El Mahalla El Kubra) située entre Alexandrie et Le Caire.
En Egypte elle doit s'adapter au pays, elle est tout d'abord aide-cuisinière mais rapidement elle entre en relation avec les gens et surtout les enfants et elle enseigne pendant 32 années dans les petites classes le français et l'arabe.
En posant à Soeur Cécile la question " Comment avez-vous appris l'arabe ?", elle répond:
" J' ai appris en visitant les pauvres. A part l'accent, je parle couramment l'arabe. Je comprends tout et je me suis toujours fait comprendre".
Après 16 ans à cause de la guerre, elle revient en France et repart à nouveau pour l'Egypte.
En 1965, Sœur Cécile part pour le Liban, à Salima, une localité à 1200 mètres d'altitude pour y rester pendant 14 années. Un Liban en pleine guerre civile.
Condamnée à mort !
Soeur Cécile raconte (propos recueillis en novembre 2009) " Au Liban en 1974, durant la guerre civile, le village est pris en otage par les Druses et les Palestiniens. Des villageois étaient exécutés au hasard, nous avions très peur. Nous étions constamment surveillés et ils voulaient occuper notre sous-sol. En plus nous étions sous le feu des roquettes des Libanais, les Phalangistes qui voulaient déloger les Palestiniens. Un jour les Phalangistes ont intercepté une conversation par talkie-walkie, le message était le suivant: les palestiniens avaient reçu l'ordre d'exécuter tous les occupants du village ! La nuit suivante les Phalangistes ont lancé une offensive nocturne, en rampant jusqu'à Salima, ils ont surpris les occupants qui ont pris la fuite et nous avons été délivrés. Nous et tous les autres habitants devions être torturés et exécutés dans le sous-sol d'une maison d'un particulier où tout avait été aménagé: chambre de tortures, dispositif d'exécution par pendaison, haches et... un document trouvé sur place disait: Les Sœurs auront simplement la tête coupée parce qu'elles ont fait du bien à la population".
Et elle rajoute: "Malheureusement le Liban a été vendu aux Syriens".
Encore 2 souvenirs sur lesquels Sœur Cécile insiste:
Mon Père, Xavier Kuster, est parti à la guerre pendant 4 ans, j'avais 10 mois. Nous étions très pauvres. Il fut fait prisonnier en Russie.
Un jour ma mère s'écrit: " Mensch, Emilie, a gross Tier uf d'r Stross, ùn dàs màcht kràch ! " C'était la voiture du médecin !
Aujourd'hui, Sœur Cécile passe une paisible retraite bien méritée à Colmar.

Les deux soeurs missionnaires de passage à Bourbach en 1969.
Elles revenaient rarement dans le village, mais elles étaient toujours bien accueillies par la population. L'on se souvient surtout des films "exotiques" qu'elles nous projetaient dans l'ancienne école de filles avec l'aide de leur cousin le Pére Joseph André.

Remerciements à Marie-Madeleine et à Raymond qui m'ont permis d'entrer en relation avec soeur Cécile et qui m'ont prêté les anciennes photos de leur album personnel.
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