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Histoires et traditions de BOURBACH-LE-HAUT (Haut-Rhin)
28 mars 2021

BERTRAND MUESSER, COMMANDANT DE LA POLICE NATIONALE, ORIGINAIRE DE BOURBACH-LE-HAUT, EN RETRAITE

Bertrand MUESSER, enfant de notre village, fait valoir ses droits pour une retraite bien méritée. Bertrand est probablement le seul de Bourbach-le-Haut, engagé dans la Police Nationale, à atteindre le rang de commandant et qu'il a amplement mérité.

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Les DNA Saint-Louis/Trois Frontières, dans son édition du 28 mars, sous la plume de Ghislaine Mougel, ont réservé à Bertrand Muesser un article d'une page entière pour retracer son parcours.

En quittant la Police Nationale, sans pouvoir se revoir autour d'un verre de l'amitié pour raisons sanitaires, le commandant Bertrand Muesser a adressé une lettre, de quatre pages, à ses collègues et amis.

Je vous en livre quelques passages:

" Ces 37 années à œuvrer parmi les gardiens de la paix m'ont apporté tant de satisfactions qu'il va m'être très difficile d'en dresser un inventaire exhaustif. Vous qui recevez ce message, vous avez contribué à la très grande richesse de ma vie professionnelle et parfois bien au-delà...

J'ai été fier d'être un gardien de la paix. C'est une mission noble et sans aucun doute, pour moi, le plus beau métier du monde.

Avant de porter l'uniforme, j'ai eu l'inestimable chance de débuter en investigation, de diriger bon nombre d'enquêtes criminelles et, par ce biais, de côtoyer au plus près des victimes, des témoins et des mis en cause. Ainsi, par la force des choses, j'ai sondé l'âme humaine, ce qui m'a permis d'être confronté au meilleur comme au pire. Il me semble qu'à présent rien de ce qui est humain ne m'est plus étranger. C'est à cette période que j'ai appris également à respecter encore plus l'autre, qu'elle que soit sa nature, même si la déférence envers autrui m'avait inculquée bien avant cela par mes parents.

J'ai commencé à la SOS, brigade des flagrants délits, puis 10 années à la brigade des mœurs et stupéfiants puis un bref passage d'un peu plus d'un an à la brigade criminelle. Par la suite mes 13 années à la Brigade des Mineurs ont été particulièrement riches...

... Enrichi de ces enseignements, teintés d'horreur et d'indicible certes, mais aussi de la merveilleuse bonté des hommes, de leurs incommensurables ressources qu'ils sont capables de mettre en oeuvre pour devenir grandioses, j'ai pris une autre voie. J'ai passé les 13 années suivantes à diriger des équipes sur le terrain et j'ai alors été le témoin privilégié de vos missions de Police secours. Je vous ai vus vous pleurer, atteints jusque dans votre chair devant les misères et les vicissitudes de la vie, ces séismes humains que vous devez côtoyer et gérer, dans vos vies de flics...

... J'ai cependant vécu comme un honneur d'être votre chef, d'être chef de circonscription et de l'avoir été, à Saint-Louis-Huningue, deux villes attachantes, auxquelles je me suis sincèrement attaché.

... Je m'adresse également à tous ceux qui travaillent avec nous, magistrats, gendarmes, pompiers, avocats, journalistes, travailleurs sociaux, partenaires en tout genres de la bonne gestion de la Justice. Nous ne sommes pas des ennemis ou des rivaux. Il y a bien longtemps que j'ai compris notre complémentarité: à chacun son travail, à chacun son rôle pour que Justice puisse être rendue à l'instar de Victor Hugo qui écrivait " Je préfère que Justice soit rendue que faite ".

... Je m'adresse enfin à mes proches, ma famille et mes amis. A travers eux, je m'adresse à toutes vos familles et à vos proches. Ce n'est pas toujours évident pour eux d'être liés à un policier. La peur, forcément, leur tient également lieu de compagnie. Ils appréhendent les périls que nous affrontons à distance et à la mesure de l'amour ou de l'affection qu'ils nous portent. Il n'est pas évident d'être la mère d'un policier, d'être son père, sa femme, son mari, sa compagne, son compagnon, sa sœur, son frère, sa fille, son fils, son ami. Tous ces proches doivent gérer les angoisses qui résultent de l'exercice de notre métier...

... Voilà, je vais partir, " partir c'est mourir un peu, c'est mourir à ce que l'on aime ", et cette mort, heureusement fictive, me permet de voir défiler tous les événements marquants de cette vie passionnante d'avant. Chacun d'entre vous aura été un peu ou prou témoin ou acteur de l'un ou l'autre de ces événements, parfois de plusieurs. Chacun d'entre vous aura empreint son image dans le film de cette vie de policier, de cette belle vie qui aura été la mienne au sein de la Police Nationale. 

... Ma vie d'après commence, je viens de la tester, elle me garantit déjà des lendemains enchanteurs, je la déguste sans modération et avec délectation.

... Il y a une vraie vie après la Police.... "

Bonne retraite Bertrand.

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